Comment choisir ses bibs mousse pour rouler en enduro ?

comment choisir le meilleur bib mousse en enduro

Les randonneurs comme les compétiteurs le savent, la crevaison c’est l’abandon. Rageant pour une erreur dont on n’est pas coupable. De la même façon, stopper la rando d’un groupe de potes complet parce qu’on roule en chambre à air,c’est une vraie tuile et certains pourraient ne pas vous le pardonner. Il existe pourtant une solution très simple pour ne plus jamais crever : les mousses pour pneus. On détaille ensemble les points forts et les points faibles de cette technologie révolutionnaire développée pour l’enduro. 

Histoire du bib

Le premier bib mousse a été commercialisé par Michelin en 1983. C’est l’invention du premier pneu increvable ! Cette nouveauté de l’époque permet désormais aux pilotes de tout-terrain de ne plus risquer la crevaison !                                                                                                                              

Pourquoi rouler en bib ?

Les bib mousses sont plus légers que les chambres à air renforcées de 4 mm et sont increvables. Michelin estime la durée de vie de ses mousses à 6 mois pour une utilisation en rando enduro. Dans les faits, vous pouvez largement tenir un an, voire un an et demi selon votre fréquence de roulage. Grâce aux bibs, vous changerez uniquement vos pneus, fini les pincements de chambres. Fini aussi de démonter un pneu en bon état pour le remonter parce que la chambre est crevée.

L’équivalent de pression du pneu monté en mousse standard est de 0,9 bar lorsqu’il est neuf. La pression du bib diminue petit à petit pour ne quasiment plus amortir les chocs. Vous sentirez alors votre gripster taper, il sera grand temps de les changer.

C’est un élément indispensable de la préparation de la moto pour une course d’enduro.

Le prix des mousses enduro

On est souvent réticent à acheter des bibs mousses à cause de leur prix. Quand on additionne le prix des bibs et des pneus neufs, on comprend que nombre d’entre nous aient du mal à sauter le pas. Pourtant, il suffit de pincer des chambres à air 4 mm à chaque remontage pour comprendre que les mousses seront plus économiques dans le temps. On trouve des mousses selon les marques dans une fourchette de prix allant de 90 € à 120 €. Une chambre à air de 4 mm coûte entre 18€ et  25 €. Faites le calcul.  De plus, la durée des bibs et la sécurité qu’ils apportent au roulage valent la peine de sauter le pas. Si vous êtes un rouleur occasionnel, l’affaire est rentable, car vous les changerez moins d’une fois par an.  

Les différents types de bib : bien choisir ses mousses

Nous répertorions ici les différentes mousses que nous avons testées ou qui ont été utilisées par des clients réguliers lors de nos randos :

  • TechnoMousse : La mousse la plus abordable du marché. Fabriquée en Italie, elle est plus raide au départ que ses concurrentes et dure moins longtemps que des Michelin par exemple;
  • RiseMousse Climber : Une mousse avec des inserts de couleur démontable. Vous pouvez enlever certaines parties de cette mousse pour avoir plus ou moins de dureté ;Mefo mousse TCS : un bib et une chambre à la fois. Vous pouvez régler la pression de cette mousse en fonction de votre utilisation et de la taille de votre pneu. En effet, elle contient une chambre à air gonflable, enserrée dans une mousse traditionnelle ;
  • Michelin Bib mousse Désert, spécifiquement développé pour une utilisation à haute vitesse par de fortes températures. Ces mousses sont plus rigides et ne conviennent pas à une utilisation enduro. Si vous ne roulez pas dans le désert, tournez-vous vers les autres références du constructeur pour de la rando, c’est le top ; 
  • X-grip, les mousses super soft qui n’ont pas besoin de rodage. La marque s’est fait connaître en proposant des mousses de plus faible densité, qui donne une sensation plus souple que la marque Michelin par exemple.

De nombreuses marques proposent maintenant des variantes de leur produit phare en version Soft. Vous pouvez ainsi rouler immédiatement à des pressions adéquates en course ou en rando. Attention cependant, plus vous choisirez une mousse molle, moins elle durera.

Les solutions alternatives

Vous n’êtes pas convaincu par l’utilité des mousses pour votre utilisation ? Des alternatives s’offrent à vous, en voici quelques-unes :

  • Chambre à air renforcée, doublée le système D des enduristes à l’ancienne. Cette technique consiste à couper une vieille chambre sur sa circonférence intérieure et de glisser une neuve dedans. Vous doublez ainsi l’épaisseur de caoutchouc. C’est difficile à monter, avec une tendance à glisser ou s’accrocher à chaque mouvement.
  • Bombe anticrevaison. Lors de nos randos enduro, on a souvent reçu des pilotes qui avaient des bombes. Autant vous dire que ça n’a jamais marché. Le pneu et la chambre sont en mouvement constant à des pressions différentes à cause des cassures du terrain. La mousse n’arrive pas à se fixer correctement sur les trous de la chambre et continue de se dégonfler.
  • Préventif Slime. C’est un préventif qui se glisse dans les systèmes tubeless ou à chambre. Il est autovulcanisant. Il est censé colmater les trous dès leur apparition. Un concessionnaire nous en a vendu, c’est la seule fois où on a crevé les 2 pneus le même jour (véridique ! Bien que ça n’ait pas de lien avec le produit, il n’a pas empêché la crevaison).
  • Système Tubliss, permet de rouler à des pressions très basses. Comme en trial, les pneus peuvent être gonflés à 300 grammes. Le système se compose d’une mini chambre à air qui étanchéifie le fond de jante. Vous aurez besoin de percer votre jante, puisque le système se compose de 2 valves, pour gonfler la chambre d’étanchéité et le pneu plus un gripster pour éviter qu’il tourne. Ce système est très abouti. Néanmoins, vous devrez surveiller constamment votre pression. Dans le temps, les pneus ont tendance à se dégonfler, mais vous pourrez toujours rentrer et ne déjanterez jamais.
  • Les Tire Balls, comme des balles de tennis gonflables ovales. C’est une invention américaine, de petites balles viennent se glisser une à une dans le pneu. Chaque balle se gonfle, ce qui fait qu’en cas de crevaison, une seule est percée. Vous pouvez ainsi continuer à rouler.

L’utilisation des bibs dans le temps

Couper/percer ses bibs

On rencontre des pilotes qui découpent leurs bibs à la perceuse avec un gros foret ou à la scie cloche. Vous obtenez ainsi une mousse plus molle, prête à utiliser en conditions extrêmes. Sans avoir à sortir l’artillerie lourde et mener une opération chirurgicale sur vos mousses, vous pouvez roder vos bibs pour qu’ils aient une pression plus proche de 0,7 bars le jour où vous faites de l’enduro extrême. Le meilleur moyen de roder ses bibs  est de rouler avec sur un sol dur avec un pneu usé. De cette façon vous échauffez le bib avant une utilisation en course par exemple. Faites ça sur une centaine de kilomètres puis remontez le bib rodé dans un pneu neuf juste avant la course. 

Prolonger la durée de vie des bibs

Commencez par utiliser le tube de gel toujours fourni avec le bib  ! Le gel de montage permet de limiter l’échauffement entre la gomme du pneu et la mousse. Au bout d’un moment les mousses finiront malgré tout par s’aplatir ou baisser en pression. Ce sera le moment pour monter un pneu moins large ! Une fois la mousse usée, il suffit de la contraindre dans un pneu moins large pour augmenter sa durée de vie de quelques mois.  Par exemple, si vous avez un bib usé pour un pneu de 140-80/18, vous pourrez le remonter dans un pneu de 120-80/18. Vous doublez quasiment la durée de vie de vos bibs de cette manière.

Comment monter un bib mousse

Monter une mousse dans un pneu enduro n’est pas si difficile qu’on le prétend. Il faut avoir un minimum d’outillage pour que l’opération se passe bien. L’utilisation d’une machine à pneu vous facilitera grandement la tâche. La référence en la matière est la Rabaconda. C’est ce que nous utilisons chez Enduro Normandie. 

Les étapes pour le montage de bib mousse :

  • graisser la mousse avec du gel de montage et les lèvres du pneu (très important);
  • placer la mousse dans le pneu;
  • placer la première lèvre du pneu sous le gripster;
  • faire descendre sur la jante, le premier côté du pneu, à l’aide d’au moins 3 clés minute ;
  • en partant du gripster insérez la deuxième lèvre du pneu dans la jante;
  • lorsque vous êtes arrivé à l’opposé du gripster, il faut bien enfoncer le pneu dans la jante et garder suffisamment de marge pour la fin de l’opération.

En fin de montage, vous pouvez essayer d’injecter de l’air ou de frapper au maillet le pneu pour vous assurer de son bon placement. N’oubliez pas de resserrer votre gripster. 

Au fait, vous avez vérifié le sens de roulage du pneu avant de le monter ? 😇

La règlementation sur l’utilisation des bibs mousses en enduro

Michelin rappelle sur ses emballages que les mousses ne sont pas autorisées pour un usage sur la route. Le fabricant nous indique aussi que les bibs ne sont pas prévus pour rouler à haute vitesse. Il est déconseillé de dépasser les 130 km/h pour maximiser la durée de vie des mousses.

Les carcasses des pneus sont différentes selon les fabricants, aussi chacun recommande d’utiliser la même marque de pneu que de mousse. En pratique, nous n’avons pas vu de différence de durée du bib quand nous respectons cette recommandation.

La durée de vie d’un bib mousse est de 18 mois, neuf en boîte selon les fabricants.

Sensations de roulage enduro avec un bib mousse

L’ensemble bib et pneu neuf, sur les premiers kilomètres, peut se révéler un peu dur. La carcasse un peu rigide avec un bib qui prend toute la place peut potentiellement provoquer une sensation de surgonflage. Rassurez-vous, après une ou deux sorties, tout est déjà bien assoupli.

Certains pilotes se plaignent d’une lourdeur à l’avant. On sent aussi lorsque le bib est mal monté un pneu arrière qui oscille. Effectivement, quand on roule en mousse on le sent un peu. Ces sensations arrivent surtout lorsque les mousses sont fatiguées ou mal montées. Ça se manifeste par des rebonds, on sent le gripster qui tape à chaque passage avec un bib arrière hors d’usage. À l’avant, on a l’impression que la jante frappe chaque obstacle sans amorti lorsque la mousse est en fin de vie. On perd l’adhérence plus facilement, la moto a tendance à « chasser ».

Dites-vous que si les tops pilotes gagnent avec ces équipements, vous serez capables de les appréhender en rando, pour profiter au maximum du moment et ne plus vous soucier de la crevaison. L’important est de surveiller l’usure du bib.

Si vous êtes un adepte des chambres, un dernier conseil : ne dégonflez jamais en dessous de 0,7 bars. En dessous de cette limite, vos pneus ont tendance à tourner sur la jante et peuvent provoquer un arrachement de valve, malgré le gripster. 

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